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Le Porteur D'Histoire

Le porteur d’histoire.

J’étais très curieuse de voir cette pièce dont on m’avait beaucoup parlé. Cette pièce sélectionnée au festival de Coye-La-Forêt avait déjà eu, à ce moment-là, un grand succès. Par la suite, les prix ont plu. Le Porteur d’Histoire est porteur du Lauréat du Meilleur Auteur francophone vivant pour Alexis Michalik aux Molières 2014 et porteur également du lauréat du Molière du Meilleur Metteur en scène d'un spectacle de théâtre privé pour Alexis Michalik aux Molières 2014.

A 38.95 euros la place adulte, je regrette amèrement de ne pas y être allé lorsque c’était sortie dans la région de mes parents, au Festival de Coye-La-Forêt, alors que j’y jouais moi-même (je vous conseille fortement d’aller au Festival de Coye-La-Forêt fondé par Claude Domenech, tous les ans, les meilleures pièces y sont jouées).

Cette pièce, c’est l’histoire d’un homme qui raconte une histoire. Cette histoire est celle d’un homme qui lit une histoire, dans laquelle une femme raconte son histoire. Vous l’aurez compris : il s’agit d’une mise en abyme qui n’en finit pas. Cette histoire commence en Algérie, elle roule sur la France, rebondit au Canada et revient en Algérie. On y rencontre Alexandre Dumas, et la source de son inspiration. Une femme. Et là on entre dans le vif du sujet, dans ce qui m’a le plus touché. La femme est effacée de l’histoire, alors que c’est elle qui la raconte. Je trouve ça si beau que ça soit un homme qui décide d’aborder ce sujet sur un plateau de jeu.

On m’a beaucoup parlé de la mise en scène fantastique, de ses acteurs qui se changent à vue. Pour moi, cela n’a rien d’original par contre je salue grandement les jeux de lumière. Précis, inventif, très joli. Le jeu dans le jeu, et les nombreux personnages que se partagent les comédiens permettent énormément d’inventivité et de fraicheur dans la mise en scène. On peut aussi saluer le jeu des comédien.ne.s, précis et présent. Spécial bravo à Patrick Blandin.

Comment y aller ?

En début de mois.

La Dame Blanche

La Française de Théâtre et le théâtre du Palais Royal - Mise en scène: Sébastien Azzopardi

Avec Marie Benedicte Roy, Alyzee Costes, delphin Lacroix, Nicolas Martinez, Cécile Beaudoux, Marguerite Dabrin, Josephine Rioli, Romain Tomas, et Medhi Vigier.

J'étais tellement excitée d'aller voir cette pièce très bien vendue par un "vous n'avez jamais eu peur au théâtre" sur l'affiche que j'ai décidé de lire les pires commentaires juste après avoir acheté mon billet. J'ai donc vu cette pièce en sachant que je n'aurais pas peur, contrairement à ce qu'annonce l'affiche, et que je risquais de m'ennuyer et j'ai tout de même passé un très bon moment. Certes l'ensemble est loin d'être parfait: en effet les acteurs crient, d'ailleurs l'actrice principale avait la voix cassée. D'autre part, je me demandais pourquoi les critiques parlaient de "scénario" alors qu'il s'agit d'une pièce de théâtre. En fait, l'écriture fait souvent référence à des répliques de film et les scènes sont très courtes comme dans un film, sauf qu'au théâtre, ça oblige à de constants changements de décors et c'est fatigant pour le spectateur. D'ailleurs certaine scène n'existe que pour permettre un effet parfois très court et sans grand intérêt. Le spectacle gagnerait énormément à être épuré, certaines scènes pourraient être plus denses de contenu et l'ensemble du spectacle serait plus court, ça serait bien moins "soporifique". Le personnage principal de la pièce est un peu en décalage car le jeu du comédien, Sébastien Azzopardi (oui, oui, le metteur en scène), n'est pas naturaliste contrairement aux autres. Pour ma part, j'aime bien, mais lorsqu'un drame arrive et qu'on s'attend à un déferlement d'émotions, il n'est pas du tout crédible. Il n'est absolument pas investi dans son corps et sa scène de combat ne fonctionne pas du tout. Dans cette histoire les femmes en prennent un coup. Comme dans les films, elles sont incapables de se battre, et lorsqu'elles tiennent un couteau, elles sont paralysées par la peur et finissent par le lâcher. Mais heureusement l'homme est la pour sauvez la situation! Quelle originalité! Ah ces hommes! Ils sont géniaux, qu'est-ce qu'on ne ferait pas sans eux!  Par contre je salue la scénographie qui est très jolie, de belles idées de lumière, de mise en scène. Attention Michèle Garcia qui a gagné un Molière pour cette pièce ne joue plus dedans! Ni Arthur Jugnot qui tenait le rôle principal.

COMMENT ALLER VOIR CETTE PIECE? Ne pas être enceinte. N'allez pas voir cette pièce si vous avez le soupçon que votre compagnon vous trompe parce que cette pièce ne vous sera d'aucun réconfort. Le mieux si vous voulez voir cette pièce, c'est d'être un homme. Méga bonus si vous êtes un gendarme. Tip top si vous êtes dealer ou camé également. Et surtout ne prenez pas les places en catégorie 1, apparemment certaines sont à visibilités réduites! Pour ma part, j'ai pris une place de catégorie 2 et c'était parfait!

Une Saison en Enfer, l'expérience intime

Jean-Baptiste Forest - Théâtre de la Jonquière

Après la représentation, un peu déboussolée par ce que je venais de vivre, je me suis dit "je n'ai pas compris ce que le comédien a voulu transmettre avec ce spectacle" et pourtant... pourtant j'ai vibré! J'ai eu peur, j'ai été transporté par l'énergie et la cadence, j'ai été touchée, ému. La force de Jean-Baptiste Forest, c'est son énergie et la maitrise de son corps et ce spectacle est d'une qualité indéniable. J'ai adoré également la musique, la poésie... Par contre le fond du texte pfffff. Je n'ai rien compris. A certain moment ça m'est parvenu, et j'ai trouvé ça beau. Mais dans l'ensemble, le fond du fond, c'est quoi? En discutant ensuite avec le comédien et le reste de l'équipe, j'ai compris que j'avais compris en fait. J'ai compris que c'était ça, juste ça! Il fallait se laisser transporter, écouter la musique, écouter la poésie, être ému, se sentir ensemble, rire, être là. En fait, le comédien a complètement réussi, si tel était son but. Un conseil donc: plutôt que chercher à comprendre ce spectacle, vivez-le.

Prochaine représentation au Festival d'Avignon.

Le Dragon d'Or

Estarre - l'Etoile du Nord

C'est l'histoire d'une fourmi que recherche un Chinois qui va entamer un long voyage en passant par un tapis. C'est aussi l'histoire de 400 personnes sur un bateau aperçu à plusieurs milliers de pieds au-dessus de la mer par un ange blond qui va sucer une dent. Et puis c'est l'histoire de Barbie qui va tomber enceinte... Et le regretter. 

Superbe représentation, complètement en résonance avec l'actualité avec une mise en scène déchainée très visuelle qui porte complètement le texte. 

Les hommes jouent les femmes, les vieux jouent les jeunes, et vice-versa, et c'est un vrai plaisir car c'est précisément ce qu'on aime au théâtre: voir des gens jouer. Les ruptures dans le jeu mettent en valeur les émotions des personnages. L'utilisation de la lumière est intelligente et participe à l'ambiance inquiétante et sombre de l'histoire et je n'ai pas encore parlé du jeu des comédiens qui est absolument excellent. Viktoria Kolsova endosse des personnages d'une présence et d'une énergie époustouflante; Edouard Liotard Khouri-Haddad, se transforme tantôt en prostituée, tantôt en personne âgée. Il nous impressionne avec ses capacités de pool-dancing ou nous émeut lorsqu'il prend le corps faible du vieil homme.  Chaque personnage endosse ainsi un rôle et son contraire.  

COMMENT VOIR CETTE PIECE? L'arrivée des comédiens, un chouilla mou et les mains dans les poches, fait très peur. Ne partez pas tout de suite. 

Voyage au Centre de La Terre

Piano Thomas Chaney; Saxophone Philippe Caillot; Narratio Philippe Imbert - Théâtre de l'Ile Saint-Louis - Paul Rey

En 2005, j'assiste à un spectacle créé à partir du Voyage au Centre de La Terre de Jules Verne, une super grosse production au stade de France de Saint-Denis. Enorme déception. D'immenses étendues de toile, des projections, des lance-flammes, des acrobates et des dispositifs de véhicules suspendus témoignaient des moyens financiers importants dont disposaient les maîtres d'oeuvre. Mais tout celà avait été mis en scène de manière tellement chaotique, et ennuyeuse que tous les spectateurs sont partis à la moitié du spectacle. Nous avions assisté à un brouillon de "regardez-je-vais-vous-en-mettre-plein-la-vue".

Et cette semaine, j'entre dans un minuscule théâtre sur l'Ile Saint-Louis, tout ce qu'il y a de plus mignon, et j'y découvre émerveillée une tout autre manière d'aborder Jules Verne. Un pianiste, un saxophoniste et un narrateur. C'est tout. Pas de décors, presque pas d'effet de lumière et me voilà complètement embarquée dans cette histoire rendue absolument passionnante par ces trois artistes. Le jeu de piano est époustoufflant, le narrateur a un don pour nous captiver et c'est avec plaisir que nous descendons au centre de la terre. Car nous y descendons vraiment au centre de la terre! N'êtes-vous jamais allée en Islande? Allez donc dans ce petit théâtre de l'Ile Saint-Louis, et vous comprendrez ce que je veux dire.

Est-ce que je vous conseille ce spectacle? OUI. Ces trois artistes utilisent votre imagination habilement pour créer l'univers de Jules Verne avec humour. 

Le Songe d'une Nuit d'Eté

Compagnie Pianocktail - Comédie Saint Michel

On m'avait dit que ça allait êre génial et alors que la pièce débute dans une grande mollesse, je commence à douter. Et puis "pouf!", la scène suivante commence, les comédiens changent et le spectale aussi, du tout au tout. De l'énergie, du dynamisme, une mise en scène super drôle et des personnages très hauts en couleur, le tout rehaussé par le corps magnifique de la belle Angélique Boylan fondatrice de la compagnie Pianocktail. Pour moi, il y avait deux spectacles; un qui raconte un peu l'histoire et l'autre qui est le spectacle, celui qu'on veut voir, celui pour lequel on est venue. Alors à chaque scène un peu cotonneuse, j'attendais patiemment que vienne le spectacle que je suis venu voir. 

Et à chaque fois qu'il arrivait, j'avais qu'une envie: exploser de rire. Et plus on avançait dans l'histoire, plus ils étaient drôles. A la fin, je n'en pouvais plus. Honnêtement ça faisait très longtemps que je n'ai pas été plié en deux comme ça! 

Pour le reste, je m'étonnais de voir qu'il y avait parfois des faiblesses au niveau du texte ce qui ralentissait le rythme (d'où la mollesse apparente des scènes "difficiles"). En réalité, les acteurs échangent leurs rôles, on ne peut donc que les féliciter de se lancer dans de telles prises de risque. Mais rassurez-vous ces parties un peu faiblardes ne sont pas dénuées d'intérêt. Je suis sure par exemple que le jeu et le charme de Julie Dhomps (qui ce soir là jouait Hermia) vous séduirons et pour ma part, je crois que je suis un peu tombée amoureuse du beau Loup Lenoir (qui ce soir-là jouait Puck).

Est-ce que je conseille ce spectacle? OUI, absolument! La musique laisse à désirer, et vous ne serez pas surpris par la scénographie et les costumes qui ressemblent à un mélange maladroit de ce que j'ai déjà vu sur des représentations du Songe d'une Nuit d'Eté. Mais allez-y pour le jeu, allez-y pour rire et vous détendre et allez-y avec de bons amis. 

Les Estivants

TG Stan - Théâtre de la Bastille

L'un de mes spectacles favorise à ce jour.

Cette compagnie, connu pour leur sincérité, leur répondant et leur présence font ici un spectacle extrêmement vivant et frais pour parler d'une bourgeoisie qui s'ennuie à travers cette pièce de Maxime Gorki. Alors on rit et on rit beaucoup. Leur travail sur le texte est pointilleux, leur exigence sur le jeu est élevée et ça se voit. Ce qui est très fort avec cette compagnie, c'est que non seulement on les sent très présent mais on se sent également exister à travers eux. Nous sommes pris à parties, nous sommes parmi eux et surtout, nous sommes complètement embarqués dans leur histoire.

Est-ce que je conseille ce spectacle? Evidemment, OUI.

Le Monde d'en Bas

La Compagnie Kadrà - Espace Bouteiller (Chantilly - 60)

 Les morts prennent vie sur le plateau pour nous donner un aperçu du monde d'en bas.

Visiblement inspirée par Tadeusz Kantor, cette adaptation de La Mastication des Morts de Patrick Kermann parle avec dérision de cette chose si sérieuse qui nous concerne tous: la mort. Très drôle, hilarant même parfois, on sent que les comédiens prennent un plaisir fou à jouer et ça fait du bien. Loin d'être morbide, cette pièce respire la vie et nous transporte. Spécial bravo à Jean-Baptiste Forest qui a su si bien mettre en scène ce spectacle dans lequel il joue et un grand bravo à tous ces comédiens qui ont su nous donner l'envie de vivre un peu plus et de rire un peu de la mort.

Est ce-que je conseille ce spectacle? OUI, évidemment.

Prochaine séance à Avignon en juillet 2015:

http://www.billetreduc.com/134714/evt.htm

Marilyn Intime

Texte et interprétation Claire Borotra

Mise-en-scène Sally Micaleff - Théâtre du Rond Point

 

 Voilà une pièce qui mérite d'être vue. Seule en scène, l'actrice Claire Borotra a imaginé le journal intime de Marilyn Monroe et nous en propose une interprétation théâtrale. Alors d'abord bravo pour la mise en scène inventive, on ne s'ennuie jamais et on est complètement immergé par la vie du personnage. Et puis bravo pour ce texte allant droit au coeur de sujets universels tel que le besoin d'amour et cette solitude que l'on peut ressentir même lorsque l'on fait partie des plus entourés. Et surtout bravo pour ce jeu qui est formidable. Si l'on voudrait parfois une Marilyn plus sensuel et si l'on regrette la voix un peu trop aiguë de la comédienne, il faut reconnaitre qu'elle est épatante de sincérité et surprenante. Alors je ne vous dis pas tout pour ne pas tout vous dévoiler mais il y a un moment où sa virtuosité et son génie se révèle indéniable. A vous de découvrir le croustillant du spectacle et amusez-vous bien, car celui là, JE VOUS LE CONSEILLE !